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 Les âmes du nécromant [mission solo]

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Klint Bjornson
Cap'tain Red's right-hand man


Messages : 1383
Date d'inscription : 09/10/2015
Armes Pouvoirs : Bearslayer, mon épée et mon incroyable talent de compas humain. Sans oublier le pouvoir de la pierre d'orichalque montée sur un anneau d'argent. Je possède en outre un collier permettant de respirer sous l'eau.
Camp : Orichalcos Doma
Race : Humain

MessageSujet: Les âmes du nécromant [mission solo]   Mar 1 Déc - 23:34


Les âmes du nécromant



I- Morosité



Je suis assis sur un rocher dans le port de l’île des Doma, contemplant l’océan infini. Jamais je ne me lasse de cette vision. Jamais je ne m’en lasserai. L’océan fait partie de moi et je fais partie de lui. C’est ça être un marin.
Les goélands et les mouettes jettent leurs cris perçants en se disputant les coquillages jonchant la plage un peu sur ma gauche. C’est calme, c’est tranquille, ça fait du bien de se poser, parfois. Parcourir les mers en coulant des navires, rançonnant des bateaux marchands ou abordant d’autres pirates est ma foi très exaltant et passionnant, mais je savoure ces quelques jours durant lesquels nous avons décidé de rester amarrés au môle six du port de la secte.

On pourrait presque croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et je commence même à m’assoupir lorsqu’une magnifique créature à la poitrine plantureuse et habilement mise en valeur s’approche de moi. C’est Mai Valentine. Je ne la connais pas vraiment, je sais juste qu’elle doit être haut-placée dans la hiérarchie Doma. En tout cas, elle me tend un rouleau de parchemin en me souriant d’une façon un peu étrange avant de s’en retourner comme elle est venue, d’une douce démarche chaloupée que je ne peux m’empêcher d’observer quelques instants avant de me rappeler l’objet que je tiens dans mes mains.

Je déroule le parchemin en fronçant les sourcils, pressentant que quelque chose de pas forcément extra va m’arriver. Je repère immédiatement le sceau de Dartz à la fin de la missive et je passe ma main sur mon visage. Encore une mission… J’espère qu’elle va être intéressante, cette fois…

Je la lis et ne peux m’empêcher de sourire devant la façon dont c’est présenté.


ODRE DE MISSION

Nom de l’agent : Klint Bjornson
Profession : Pirate
Permis de tuer

Consistance de la mission : Trouver au cœur des marécages un îlot occupé par la masure d’un nécromant nain très puissant et parvenir à lui subtiliser la trentaine d’âmes tourmentées qui sont dissimulées quelque-part dans la cave de ce dernier.

Consignes supplémentaires : Se méfier des créatures des marais et ne pas tenter d’affronter le très puissant nécromancien sous peine de subir divers sévices qu’il aime à perpétrer sur ses victimes.



Je fais un peu la gueule car j’ai pas vraiment envie d’abandonner encore Askja toute seule. Il ne lui arrive que des malheurs quand je ne suis pas présent sur le Méchant Loup. Mais d’un autre côté, cette mission me semble tout à fait acceptable et représente un défi que je relève avec entrain.
Néanmoins, c’est avec un air morose que je vais annoncer la nouvelle au Cap’tain Red.




II-La traversée



Pas grand-chose à dire sur cette traversée de plusieurs jours qui nous mène, l’équipage, le navire, ma capitaine et moi, de l’île secrète des Doma aux côtes déchiquetées et très peu accueillantes des terres dévastées entourant la cité des Enfers.

C’est le seul endroit viable pour que je n’aie pas des mois de trajet dans les pattes, toutefois, mon périple s’annonce long. J’ai étudié les cartes, je les ai mémorisées, je sais exactement quel chemin suivre, mais ce sera long d’atteindre les marais. Que ne donnerais-je pas pour un bateau volant !
Mais là n’est pas le problème. Pour des raisons évidentes de sécurité pour le brick à tête canine, il est impossible de mouiller trop longtemps dans l’entourage d’une cité démoniaque.

Je prépare donc mon sac. Un de dimensions réduites  avec des vivres, une longue corde, des pierres à aiguiser et une tente.
Je suis fin prêt ! Il est temps pour moi de me mettre véritablement en route, de quitter une fois de plus le pont mat du Méchant Loup, rincé et rongé pour les intempéries et les paquets d’embruns, pour reposer pied sur le plancher des vaches comme on dit.

Je serre chaleureusement la main des membres de l’équipage, tapote l’épaule de mes meilleurs amis et serre légèrement Askja, ma vraie fausse petite sœur dans mes bras.
Après tout, il est possible que je ne revienne pas vivant de cette mission à travers non seulement les plaines désertiques et désolées, poussiéreuses et sombres des alentours des Enfers,  mais aussi un peu de montagnes et surtout les marais, bourbiers réputés infects et hautement dangereux, presque plus que les terres dévastées.

Je me demande un instant pourquoi cette mission m’a été confiée à moi, qui ne suis qu’un pirate sans expérience des marécages. A cause de mon sens de l’orientation à toute épreuve ? c’est fort possible, après tout. Mais je hausse les épaules : qu’importe, j’y vais.

Je fais un dernier signe d’adieu vers le navire et ses occupants avant de m’enfoncer dans le chaos pierreux constituant les côtes des terres dévastées.
Chaque pierre semble être le croc d’un dragon ou la pointe de lance de quelque démon endormi sous la roche.  La progression est difficile mais je m’en tire assez bien grâce à mon agilité innée.




III- Les Wastelands


Finalement, après m’être quelque peu éloigné du rivage et de ses falaises déchiquetées, j’aboutis sur un promontoire. Une espèce de colline de pierre noire et dure. Mon regard porte loin, loin vers ce pays mort que l’on nomme l’Enfer et qui est entouré des Terres Désolées. Des nuages noirs, épais, menaçants, couvrent toute cette contrée, à perte de vue ; ils semblent même encore plus maléfiques au-dessus de la capitale des Démons et des infernaux.

Je prends une grande inspiration avant de descendre de ma colline. Il va en effet me falloir plusieurs jours de marche pour arriver à traverser ce désert désolé, sans autre végétation que de rares arbustes rabougris, quelques touffes d’une herbe jaune et craquante et les vestiges carbonisés d’arbres.
Pas la joie, quoi…

Je soupire et m’engage dans la plaine, plate, morte, et emplie de créatures mesquines et charognardes. J’espère ne pas faire trop de mauvaises rencontres. Je ne connais pas la faune des environs mais j’imagine qu’elle doit être à peu-près aussi sympa qu’un démon.

Je me demande vraiment ce qu’il a bien pu se passer dans cette région pour qu’elle soit à ce point détruite… Chacun de mes pas  soulève des nuages de poussière anthracite et c’est en vain que je tente de voir le Soleil. Pas un rayon ne filtre de cette nappe de nuage -ou de fumée ?- mais on n’est pas pour autant plongé dans une obscurité totale. Je suis mal à l’aise, j’ai envie de quitter cette plaine, de m’échapper des terres mortes et désolées.

Enfin ! Après cinq longues journées de marche forcée et de courtes nuits, je quitte sans encombre cette aire malsaine. Je suis au pied des volcans, à peu près à la moitié du chemin de mon but et je n’ai encore rencontré ni créature ni personne, qu’elle soit sympathique ou antipathique. Je ne sais pas trop si je dois m’en réjouir ou m’en inquiéter.
Peut-être les dieux ont-ils décidé de me garder du mal de ces lieux ?




IV-Les contreforts volcaniques



Pour être tout à fait franc et honnête, même si l’océan est mon domaine, j’ai toujours été fasciné par les volcans, ces montagnes monstrueuses et déchiquetées, crachant cendre et lave dans leur profonde colère.
Je me rappelle très bien le jour où le Méchant Loup avait fait escale à Arkenheim, une île toute petite d’un archipel volcanique au cœur des mers de glace. J’avais alors pu contempler les rivières de lave bouillante descendant paresseusement depuis le cratère jusqu’à l’océan où elles se figeaient en obsidienne dans des bouffées de vapeur brûlante.
Je me souviens des bulles de magma qui explosaient à la surface de ces torrents dont il fallait rester tout de même un peu éloigné de peur de voir s’enflammer ses vêtements et cheveux.

Mais ici, rien de tel. Les cratères sont bien plus haut et de rivières de lave il n’est pas question. Ce versant semble épargné par les éruptions. Je poursuis donc mon chemin sur les contreforts rocailleux de ces majestueux mais tout de même menaçants volcans de pierre noire et anthracite. J’imagine une éruption, dans un soubresaut infernal, les cimes crachant le magma des entrailles de la terre dans une pluie de rocs et de cendres incandescentes et je frissonne en hâtant le pas.
Je ne sais pas comment les autochtones peuvent vivre ici.

Je croise un troupeau de chevaux de feu. Leurs crins sont des vives flammèches jaunes et rouges tranchant sur leur robe noire de jais, un noir si intense que j’ai l’impression de regarder dans les tréfonds de l’âme d’un démon. Mais ces bêtes sont magnifiques.
Je les regarde s’éloigner en quête de leur nourriture, ces fines herbes rouges qui poussent entre les pierres. Du même coup, j’imagine quelles créatures édifiantes peuvent bien abriter les creux de cette chaîne volcanique. Monstres de pierres, golems de lave et j’en passe.

Je reprends ma route. Pas le temps de rêver, Klint, tu as du boulot. Et ce boulot, tu vas le faire comme d’habitude : vite fait et bien fait, avec efficacité et discrétion.

Mais déjà, je vois se dessiner dans le lointain, la bande verte signalant la végétation de la mangrove et des marais. Encore quelque jours et j’aurais rempli le premier objectif que je me suis fixé.




V- Les marais



La vaste région hostile qu’on appelle communément « les marais » ici, à Edengardh, est plus complexe que son nom le laisse paraître. En effet, on y trouve bien des zones de tourbière vous aspirant comme des sables mouvants et des mares peu profondes, mais on y rencontre également une zone de mangroves qui semblent ceinturer la région. Il y a aussi, d’après mes sources, une mare un peu plus grande, un étang en fait, profond et grouillant de sangsues. C’est en son centre que vit le nécromant que je dois déposséder des trente âmes puissantes.

Quittant donc les contreforts massifs des volcans, je m’enfonce sans transition dans une zone de terre boueuse et un sol spongieux. De nombreux palétuviers y poussent. On dirait une vraie jungle. Et l’odeur ! Atroce dès qu’on entre sous le couvert des arbres.
Mon pied heurte quelque chose de gros et mou dans l’eau peu profonde alors je me penche, intrigué, au-dessus de ma botte. Je viens de marcher sur un cadavre. Je comprends maintenant d’où vient cette senteur de charogne : des cadavres, partout, dans cette eau verdâtre, flottent ou gisent enfouis dans la glaise. De grosses rafflésies viennent agrémenter le tout et renforcer la puanteur.

Mais il en faut plus pour me décourager, et la mangrove ne me prend pas plus de trois heures à traverser malgré la bouillasse issue de végétaux et corps décomposés collant à la semelle de mes grosses bottes de cuir.
C’est donc avec le soleil déclinant que je parviens dans les tourbières. Un paysage morne me fait face. Des espèces de fougères et de petits buissons s’enracinent tant bien que mal dans un sol constitué majoritairement d’eau saumâtre et répugnante. Ici ou là j’aperçois des joncs, bordant de petites mares desquelles provient le chant de centaines de grenouilles et crapauds.

Je soupire parce que monter le camp ici ne me plait absolument pas. Mais d’un autre côté, je ne peux pas me risquer à m’aventurer plus avant dans les marécages avec la nuit qui tombe.
C’est donc avec résignation que je monte tant bien que mal ma tente sur un sol meuble et détrempé. Je sens confusément que la nuit ne va pas être agréable mais je me dis que c’est l’tmosphère étouffante de ces lieux qui influe sur mon jugement. Je mange rapidement mon frugal repas et me couche sous ma tente, enroulé dans mon large manteau.




VI-Quand les morts se relèvent



J’ignore l’heure qu’il est mais il fait nuit noire, la Lune est absente et aucune étoile ne semble vouloir briller. Je suis réveillé par un bruit étrange. Tous mes sens de nordique, de chasseur de monstres marins et de pirate en éveil, je tends l’oreille afin de discerner l’origine de ce bruit diffus, comme un raclement. Puis un autre se fait entendre de l’autre côté de ma tente.

Mon mauvais pressentiment semble se confirmer. La nuit ne sera pas bonne pour moi ce soir.

Je me lève en tirant Bearslayer de son étui et sors de la tente. Une lumière spectrale illumine les alentours. Plusieurs feux-follets se baladent entre des silhouettes claudicantes et sombres, émettant des râles plus ou moins gutturaux. Je n’en crois pas mes yeux ! Les morts ! Ils reviennent à la vie ! Alors je me souviens que vit dans les environs un puissant nécromancien. Se pourrait-il qu’il soit au courant de mon entreprise ?

Je n’ai pas le temps de m’interroger plus longtemps sur le sujet car un bras décharné se tend dans ma direction. Je le déchiquète d’un coup d’épée mais d’autres déjà le remplacent tandis que les zombis grondent et râlent, ils tentent de s’agripper à moi et de m’entraîner en direction de l’eau croupie ; mais je ne me laisse pas faire et mon épée s’abat et virevolte, faisant sauter indifféremment têtes, bras, jambes, torses, les quels semblent encore animés d’une vie propre.
C’est ainsi qu’une main puissante, bien que pratiquement réduite à l’état de squelette, n’ayant plus que quelques lambeaux de chair pendante, s’accroche fermement à mon pied.
Je l’envoie valser et frappe du même pied, dans un beau mouvement d’art martial, un autre des morts-vivants à la poitrine, le faisant reculer de plusieurs mètres et bousculer ses petits copains.

Etrangement, je n’ai pas peur. Mais je sais que je dois foutre le camp si je ne veux pas finir comme eux. Alors, abandonnant ma tente à son triste sort, j’attrape mon sac de vivres et ustensiles et me fraye un chemin à travers cette marée de chair et d’os.
Le sang et la cervelle m’éclaboussent mais je n’y prends garde, je n’ai qu’un but : m’acquitter au plus vite de ma mission et me barrer loin d’ici.




VII-L’étang



Je cours dans la nuit noire et glacée, poursuivi par ces hordes de cadavres ramenés à la vie par les secrets noirs et atroces d’une magie impie. Je cours, seulement éclairé de ma lanterne, évitant agilement les mains à peine sortie de terre ou les mâchoires dépassant des flaques. Mes bottes font un bruit de succion insupportable s’ajoutant aux rumeurs des morts.
Mais je continue de courir, finissant par distancer quelque peu la horde à force de m’y frayer un chemin du tranchant de ma lame d’os.

Soudain, je me rends compte que je suis arrivé au bord de l’étang, le fameux. Je monte sur un petit ponton de bois aux lattes pourries auquel est attaché un petit canot de bois prenant à-demi l’eau mais qui devrait bien faire l’affaire. Je me retourne. De toute façon, je n’ai pas le choix. Les morts-vivants se rapprochent et ils sont en nombre.
C’est donc avec un certain empressement que je bondis dans la barque et tranche les liens qui la retenaient au ponton de bois croulant. Je rame un peu. Voilà. Ici je suis en sécurité.

Au centre même de l’étang se découpe une forme plus sombre sur le ciel déjà bien noir : c’est l’île et la demeure du nécromant, l’instigateur de ces troubles. Je souffle. L’air est froid et toujours aussi fétide. La barque prend un peu l’eau mais ça ira, je peux m’accorder une ou deux heures de sommeil. Et j’en aurai bien besoin, je pense. Il ne doit pas être plus de minuit et je dois procéder avec discrétion, tel une ombre, car en combat contre le nécromancien, je n’ai absolument aucune chance de me tirer vivant.

Je fais un rêve angoissant : des mains jaillissent de l’étang, agrippent ma barque et la font chavirer, m’entraînant par là-même dans des profondeurs insondables où se tient le nécromancien, la tête couverte d’un crâne de bovidé, pratiquant des expériences. Je comprends alors que je suis son prochain sujet. Et l’effroi de cette révélation me réveille.

L’eau a monté dans la barque et j’écope tant bien que mal avec un godet d’étain choppé dans mon sac. Je me frotte les yeux, je suis gelé et mal réveillé. Mon manteau de fourrure ne peut me protéger des effluves mortels.

De loin, je regarde la maison. L’obscurité est déjà moindre. Il s’agit en fait d’une maison très simple. Une bicoque de bois de deux étages. Elle me parait passablement délabrée et semble inoccupée depuis des années. Mais je ne dois pas m’y tromper. C’est bien là l’antre que je recherche, c’est là que se trouve le but de ma quête. J’ai hâte de dévoiler fièrement à Dartz les trente puissantes âmes torturées.




VIII-La maison délabrée



Je rame de toutes mes forces en direction de l’île. Pas d’autre moyen qui serait plus discret : l’eau de cet étang est infesté d’énormes sangsues blanches, ignobles, molles, répugnantes, vous mordant jusqu’à l’os pour pomper la moindre goutte de fluide vital. Je viens de voir une grenouille imprudente de risquer dans ces eaux sombres et se faire immédiatement réduire à l’état de cadavre tandis qu’une grosse outre boursouflée s’en est éloignée en flottant tranquillement.  Moi qui suis habitué aux scènes ignobles de carnages, je n’ai pu réprimer une intense envie de dégobiller et tout mon repas de la veille au soir a rejoint la surface déjà verdâtre et malsaine de l’étang maudit.

J’aborde l’îlot solitaire en douceur. Pas un bruit si ce n’est celui de mes pas dans la boue. Tout à coup je sursaute au croassement d’un corbeau, sur l’autre rive du lac, un énorme corbac noir de jais, repus de chair putréfiée et prenant son envol pour aller becqueter d’autre zombies déterrés.

Doucement, le plus silencieusement possible, je fais le tour de l’habitation. Elle me parait entièrement vide. Un coup d’œil par le trou de la serrure ne me révèle que quelques meubles de bois vermoulus et poussiéreux, tenant à peine et tout enchevêtrés de toiles d’araignées. Cependant, une lumière tremblotante brille au second étage, à une petite lucarne. Une silhouette s’encadre un instant dans la fenêtre et je frémis : le nécromant. Je ne peux distinguer ses traits mais je sais au fond de moi que je n’en n’ai pas la moindre envie. J’espère juste qu’il ne me voit pas, tapis que je suis dans l’embrasure de la porte.

Finalement, il disparait. Je soupire d’aise mais attends un peu. Il me faut entrer discrètement. Je tourne le loquet de la porte qui émet comme par hasard un grincement perçant. Aussitôt, j’entends des pas au-dessus de ma tête, sur le parquet usé et couinant des étages puis dans l’escalier.
Hagard, je cherche un endroit où me cacher et avise une trappe sous la table que j’ouvre précipitamment et où je me coule sans bruit tandis que le sorcier maléfique referme la porte et fait les cent pas juste autour de cette même table.
Mon cœur bat à deux-cent-vingt à la minute et je me demande s’il ne va pas exploser ou du moins si le nécromancien ne va pas l’entendre.

-Humpf…

C’est tout. « Humpf… ». Il remonte à ses expériences. Vous ne pouvez imaginer un seul instant mon soulagement.

Mais je suis dans le noir le plus complet. A tâtons, je sors ma lanterne et l’allume. La cave. C’est exactement ce que je voulais. On dirait que la chance m’a souri. Ou peut-être pas… Gisent au sol des centaines de squelettes. Je peux sans peine identifier des humains, des orques, des animaux en tous genres, des monstres des marais, mais certains me sont totalement inconnus…




IX-La cave



Pour être tout à fait franc avec vous, je n’en mène pas large tandis que je progresse péniblement dans d’étroits couloirs qui composent un véritable souterrain ; non seulement sous la maison, mais aussi sous l’étang.
Les ténèbres se refermant autour du faible halo de ma lanterne me semblent emplies de menaces mortelles et d’ombres énigmatiques.
Je flippe presque plus qu’entouré de spectres, sur le navire échoué du cap des damnés car là-bas je savais que si les choses tournaient mal j’avais une chance de m’en tirer. Ici non. Victoire totale ou mort atroce. D’autant qu’on murmure que le nécromancien aime à souiller ses victimes humaines avec des tentacules avant de les sacrifier et, par cette immolation, de capturer leur âme et en faire des morts-vivants.

J’avance donc précautionneusement dans ce labyrinthe de pierres moussues. De-ci de-là, des geôles aux barreaux rongés de rouilles regorgent de squelettes ou sont pleines de bric-à-brac tel que des cornues, creusets et autres alambics.

Enfin, j’arrive dans une pièce mystérieusement éclairée par des pierres bleues. Elle n’est pas très grande, formant un cube de six mètres de côté. Les pierres bleues, de forme ovoïde se tiennent droites sur quatre piliers, un à chaque coin, dans des portoirs métalliques.
Au centre du cul de sac que forme cette chambre, se trouve un gros tombeau scellé d’une lourde dalle.
C’est sans aucun doute ce que je cherche, les âmes gardées farouchement, ou pas, par le nécromant.

Je soulève la dalle qui pèse son poids et la fait pivoter, révélant un coffre. Sortant mon orichalque monté en amulette, j’ouvre le coffre et la pierre divine absorbe la trentaine d’ame hurlant silencieusement et d’une couleur bleue peu commune.
C’est alors que des pas retentissent dans le couloir que je viens d’emprunter.
Aucune échappatoire ! Je suis fait !




X-L’évadé dans les marais



Le nécromancien déboule dans la chambre. Il est tel que je me l’imaginais : grand et sec, avec une longue robe noire sur laquelle est brodée le symbole du crâne rouge sang de ceux de son ordre. Un crâne de bovin dont une corne est brisée lui couvre le visage et une dague d’argent brille dans sa main gauche tandis qu’un long bâton noueux et noir est  contenu dans la droite.
Mes yeux s’agrandissent d’horreur en constatant qu’en guise de jambes il a des espèces de tentacules. Les racontars étaient donc vrais !

Le nécromant regarde dans ma direction et hume l’air avant de se retirer dans un concert de claquements secs et de pas mouillés.
J’attends quelques minutes encore avant de soulever la dalle et de sortir du sarcophage, seule cachette que j’avais pu trouver. Un trou m’avais permis de scruter l’entrée de la chambre funéraire.

Bon. La deuxième étape de ma mission étant remplie, il ne me reste qu’à rentrer au QG, faire mon rapport et filer les âmes au boss.
Le seul souci est que, loin d’être perdu grâce à mon sens de l’orientation à toute épreuve, je ne peux pas me permettre de repasser par la maison. Il doit forcément y avoir une autre sortie quelque part. Alors de ma main droite, la gauche tenant la lanterne et bearslayer étant solidement arrimée dans son harnais que je porte en travers du dos, je suis le mur de droite. Technique infaillible pour sortir d’un dédale.

C’est ainsi que j’aboutis devant une petite porte gondée et armée de métal. Qu’importe. Je la défonce et me retrouve sur la berge de l’étang. Il fait grand jour, la puanteur est atroce mais aucun mort-vivant n’est en vue.
Je souris.

Mais mon sourire se fige. Devant moi, accroupi, se tient le nécromancien. Il cueille des feuilles de rafflésie, sans doute pour ses expériences.
Pendant un court moment, nos regards se croisent. Je lis la stupéfaction, la haine et l’abomination dans son regard., mais, plus vif et agile que lui, je m’élance à travers les marais, courants à toute vitesse, fuyant loin de ce maudit nécromancien et des sbires qu’il lance à mes trousses. Jamais ils ne m’auront, je dois ramener ces âmes à Dartz, mais surtout, je dois revenir à Askja, elle a besoin d’un bon second, et qui de mieux que moi pour cette tâche de confiance ?

Alors je cours, je cours sans m’arrêter, sans prendre en compte mon barda e mon épée, sans me rendre compte que je tiens toujours ma lanterne, juste soucieux d’être encore en vie demain, et après –demain, et dans une semaine.

Je sens l’ire du sorcier, loin derrière moi exploser en éclairs noirs au-dessus de l’étang des maléfices mais je m’en moque.




XI-Les âmes corrompues



Je hume l’air marin. Enfin la maison, ce navire et l’île des Doma. Je saute à terre et part à la recherche de Mai Valentine. Je lui remets en main propre le résumé de ma quête et pars offrir au Léviathan les trente âmes tourmentées que j’ai tant peiné à récupérer.

Je cherche Dartz mais ne le trouve pas. Tant pis, j’essaierai avec Varon ? En tout cas, Ma capitaine avait été heureuse de me retrouver en un seul morceau à l’endroit convenu, c’est-à-dire au même précisément que celui où elle m’avait déposé au début de mon long voyage à travers les Terres dévastées, les volcans et la mangrove, puis enfin les marais et les souterrains du nécromancien.

On peut le dire, cette mission n’a pas été de tout repos, mais je suis assez content du résultat. J’ai fait ce qu’on m’avait demandé et je m’en suis tiré avec brio.
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