Réinvente la Destinée

Vous aviez déjà une vie ? Oubliez la car dans ce nouveau monde, c'est un autre destin qui vous attend.
 

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 La prochaine fois je l'imprimerai

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Un fantôme de pirate
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MessageSujet: La prochaine fois je l'imprimerai   Jeu 3 Jan - 10:51

Salut la compagnie!

Ça fait un bon moment que je n'ai pas traîné mes guêtres dans le coin. Plus ou moins un an s'est écoulé depuis la suppression de mes chers personnages Klint Bjornson (big up à Askja qui, je crois est réapparue) et Publius Locustus, or en voulant par curiosité relire l'histoire de ce dernier, je me suis apperçu que j'ai dû faire une erreur de manipulation en supprimant un grand nombre de dossiers de mon pc dernièrement: plus de trace de mon fichier Publius. J'aurais donc voulu savoir s'il serait possible de le récupérer, ou qu'un gentil admin m'envoie la fiche de présentation (et technique aussi s'il en avait une, j'en suis plus très sûr) de Publius.

C'est tout je pense. Comment ça va sinon? J'ai vu qu'il y a eu pas mal de changement en parcourant vite fait le forum, plus d'île ni de Doma, moins de vieux potes que je connaissais x)
Ca me donne envie de faire un troisième retour ici, ma foi. Y a pas mal de bon souvenirs qui restent accrochés dans le coin.

Voilà, merci de considérer ma requête :)
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MessageSujet: Re: La prochaine fois je l'imprimerai   Jeu 3 Jan - 11:41

Hello Klint !

En effet il y a eu pas mal d'évolutions ces derniers mois ! Les dragons se son réveillés et ont fait pas mal de dégât. Suite à quoi les domas ont enfin réveillé le Leviathan et on peut dire que ça n'a pas été une franche réussite ! L'ile a explosée et il ne reste plus tellement des compagnons de klint du temps où tu étais là. Mais oui, Askja est elle de retour :)

En ce qui concerne ta question j'ai bien retrouvé fiche et FT de Publis, je te c/c tout ça juste après !

On a également un discord qui a vu le jour (le lien est sur la PA) si jamais ça t'intéresse et que tu te tates à revenir surtout hésite pas à passer faire un petit coucou !!

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MessageSujet: Re: La prochaine fois je l'imprimerai   Jeu 3 Jan - 11:42

PUBLIUS LOCUSTUS
inventé - tiré d'un univers existant - scenario  

HUMAIN MAUDIT ○○  

♠️ Age : 25 ans
♠️ Surnom : « Maledictus »
♠️ Feat. : soft-h
♠️ Votre personnage vient-il d'une série /manga / jeu vidéo ? Si oui la quelle ?   : Non
♠️ Votre personnage est-il «natif» d'Edengardh : Non.
descriptions  
 


Depuis ma malédiction, je ne suis plus le même. J’ai changé. Autrefois loyal et généreux, ouvert et brave, je suis aujourd’hui devenu fourbe, cruel et dangereux. Néanmoins, je ne perds pas espoir. Peut-être un jour retrouverai-je mon humanité ? Peut-être un jour serai-je libéré de mes tourments et de ma malédiction ? Bien sûr, je perdrai du même coup mes pouvoirs mais que m’importe ?
Du point de vue physique, ce qu’on peut voir de moi, c’est mon armure. Je mesure un mètre quatre-vingt-sept pour soixante-quinze kilogrammes. Sans compter l’armure dans le poids, bien évidemment. Mon harnois proprement dit est composé de plate et de maille. Il a une épaisseur de deux millimètres, ce qui garantit bien des coups d’épée.  Pour la couleur, c’est gris acier, mais le métal n’est plus aussi chatoyant qu’à ses débuts, assombrissant le rendu final. Je porte également une cape assez longue m’arrivant au creux poplité, derrière les genoux. Avant, la fourrure grise de cette cape était merveilleuse, un vrai bonheur,  mais depuis ma malédiction, ma cape s’est élimée et la fourrure pèle à plusieurs endroits, laissant apparaître la peau dessous.  
Mon bassinet est confortable et pratique, il ne gêne pas ma vue périphérique en raison des nombreuses raies verticales du ventail de celui-ci. Toutefois, impossible de discerner mon visage à travers ces orifices sombres. Cet armet, je ne l’ôte d’ailleurs jamais, et ne relève jamais le ventail.

 
distribution des points



Attaque: 6 / Défense: 5 / Pouvoir: 6 / Agilité: 3 / Endurance: 5

Votre histoire
 


Depuis maintes années, le monde a sombré dans l’obscurité. Du jour au lendemain, le soleil ne s’est plus levé et les deux lunes ont tourné au rouge. Nul n’avait su le prédire, nulle prophétie ne le prévoyait.
Partout, ça a été la panique. Une partie de la population s’est mise à vénérer des dieux impies dans l’espoir que la lumière revienne et les gens se sont mis à pratiquer des sacrifices humains sanglants et barbares. Des bandes de gredins ont commencé à semer le chaos et à ajouter en terreur dans le cœur des gens. Les empires se sont effondrés durant de violentes révolutions et des guerres ont éclaté entre les anciens vassaux des grandes puissances, amenant misère, famine et maladies.
En clair, le monde a sombré dans la démence et la terreur en même temps que dans l’obscurité.

De leur côté, les plantes ont muté pour survivre au manque de lumière, ou plutôt, pour essayer de vivre avec la lueur rougeâtre des deux lunes. Les arbres se sont distordus et leur feuillage est devenu violet tandis que les fleurs sont devenues vénéneuses et que les champignons ont considérablement proliféré. Cela a forcé les humains et les animaux à changer leur mode d’alimentation et à expérimenter des sources de nourriture alternatives comme les vers et autres insectes rampants qui ont trouvé leur bonheur en ce changement de luminosité.

J’enfilai mon heaume. Une journée de plus. Ou plutôt, la nuit éternelle. Impossible de distinguer journée de nuit dans ces conditions. Mais j’étais habitué. Cela faisait des années que je n’avais rien vu d’autre que le rougeoiement des deux lunes Anthrax et Peste, anciennement Espoir et Quiétude. Elles avaient été renommées ainsi par la masse populaire depuis que les épidémies s’étaient mises à ravager le monde. Je descendis de mon perchoir, un arbre centenaire et biscornu où j’avais passé la nuit pour me garantir des prédateurs nocturnes du genre loups et autres, bien pires qui sont apparus avec la Grande Ombre.

Je me mis en marche. La route était d’autant plus longue que je ne savais pas où j’allais. J’avais quitté le comté de Vallenfarh à la chute du comte, assassiné par son homme de confiance il y avait maintenant pas loin de dix jours. Ce n’était pas exactement un havre de paix mais il y régnait encore un semblant d’ordre depuis le début de la Grande Ombre et le rougeoiement des lunes. C’est là-bas que j’avais passé mon enfance et mon adolescence, issu d’une famille dont je ne me souvenais pas. Des nobliaux locaux qui m’avaient placé en apprentissage chez leur suzerain. J’y avais fait mes premières armes, instruction militaire, découverte de mes petits talents magiques et finalement, j’avais été adoubé chevalier à l’âge de 17 ans. Depuis, je gardais la porte. On avait essuyé pas mal d’assauts des nobles voisins, plus ou moins bien organisés, qu’on avait tous repoussés. Mais là n’était pas le plus intéressant. Le plus intéressant, c’est mon but, ma destinée. Car je suis sûr que quelque part, il y a une chose qui n’attend que moi, qui n’attend que ma venue. C’est peut-être un peu prétentieux, mais j’en ai l’absolue certitude.

Il pleuvait. Le chemin se transformait en véritable bourbier au fur et à mesure que j’avançais. La forêt semblait interminable, s’étendant à perte de vue de chaque côté dès lors qu’on prenait un peu de hauteur pour observer les alentours.
L’eau ruisselait sur mon armure de plates et de maille et produisait un son continu de crépitement sur mon heaume. J’avançais lentement, trainant mon armure avec un peu de peine même si elle restait très fonctionnelle.

La lumière rougeoyante des lunes se reflétait dans les flaques, produisant comme des mares de sang au sol. Le paysage, la forêt, était lugubre et le son monotone de la pluie ainsi que l’absence du chant des oiseaux n’arrangeaient rien.
Il me semblait que ça faisait une éternité que je n’avais pas vu d’autres oiseaux que les charognards du type corbeaux ou vautours qui trainent parfois autour d’un cadavre déjà à demi-dévoré ou dans un état de putréfaction avancé.

Je finis par arriver à une masure le long du sentier forestier. Sans doute une cabane de bûcheron ou de charbonnier, à l’évidence désertée depuis des lustres. Peut-être les habitants avaient-ils rejoint l’exode de populace qui avait fui la région durant la dernière peste ?
Je pénétrai dans la baraque. Pas grand-chose à y voir. Les murs étaient en bois, le sol était de terre battue, le toit de chaume. Mais au moins ici on se trouvait au sec.

Je me laissai tomber sur une chaise qui traînait par-là après l’avoir redressée. J’étais fatigué, j’avais froid et faim. Mine de rien, même si porter une armure tient habituellement chaud, en cas de pluie, c’est plutôt l’inverse qui se produit. Et je ne vous parle pas de quand les températures passent en dessous de zéro.

Je tirai de mon sac un bout de pain, après m’être déganté et avoir retiré mon casque. D’un coup d’œil, je vérifiai que la porte était bien fermée. Il faisait sombre ici. La lumière qui tombait par une ouverture du toit n’était guère suffisante pour éclairer en détail l’intérieur. Je me résolus donc à utiliser mon amadou pour allumer une torche et la positionner dans l’applique prévue à cet effet dans le mur.

D’un coup, la lueur dansante du feu me révéla un spectacle macabre. Dans un coin se trouvait une paillasse. Et sur cette paillasse était étendu un squelette.
Je soupirai, résigné à passer ma nuit avec un mort. Car oui, c’était déjà la « nuit ». J’avais marché toute la « journée » sous cette pluie harassante, sans faire de pause, sans me poser de question, ma tête vide, seulement emplie du  son de la pluie martelant mon heaume et du son de mes pas dans la gadoue.

C’est palpitant, n’est-ce pas ? Les jours se suivaient et se ressemblaient depuis mon départ du comté de Vallenfarh. Marcher dans la forêt, dormir dans un arbre, ou une cabane, marcher à nouveau, et ainsi de suite.

Enfin, encore dix jours après cet épisode, je finis par arriver à un pont. J’étais sorti de la forêt depuis deux ou trois jours, difficile à situer et je traversais un pays de landes désertes et mornes, tout aussi lugubres que la forêt, mais dans un autre genre. J’arrivai donc à ce pont. C’était un pont suspendu, d’une longueur inimaginable, traversant un canyon sans fond.

Un son étrange résonnait dans ce canyon. Comme des lamentations d’âmes en peine. Néanmoins, je m’élançai sur le pont, sans peur et sans reproche. Au fur et à mesure que j’avançais, les bruits du vent dans les rochers, produisant cette sorte de plainte continue, se faisaient de plus en plus forts et le pont commença à tanguer. N’y prenant pas garde, je continuai mon périple sans me poser de question. C’est alors que les plaintes se firent plus vives et que des entités informes et diaphanes s’élevèrent autour de moi.  Des spectres. Je ne pensais pas que cela existât réellement mais je devais me rendre à l’évidence : ce que j’avais en face de moi était en fait des âmes damnées qui tendaient dans ma direction leurs doigts crochus et intangibles.

Je tirai Radieuse, mon épée magique, qui se mit à scintiller tandis que je me frayai un chemin parmi les spectres qui s’effilochaient au contact de ma lame. Je parvins finalement de l’autre côté. Puis me retournai, observant une dernière fois l’endroit d’où je venais,  et au-delà, les terres de Vallenfarh. Je savais que jamais je ne les reverrai.

Devant moi s’étendait un monde que je savais inconsciemment n’apparaître sur aucune carte. Je sentais confusément que j’étais entré dans quelque chose qui me dépassait, qui dépassait ma simple condition de mortel, qui dépassait mes compétences. Ce monde était vaste, stérile, sec mais paradoxalement embrumé.
Je fis le pas qui, je le savais, m’empêcherait à tout jamais de revenir en arrière. La brume s’écarta un peu autour de ma jambe mais se recompacta aussitôt après. J’avais de la brume jusqu’à mi mollet, elle formait une sorte de linceul sur la surface de la terre. C’était du plus mauvais augure.
Ici ou là, un arbuste mort et rabougri dépassait, mais rien de plus.
Anthrax et Peste me révélaient, dans le lointain, des pics décharnés.

Je m’avançai donc, Radieuse rengainée, dans l’inconnu.

Le vent s’était mis à souffler, chuintement aigu dans le vide environnant. Etrangement, la consistance de la brume ne semblait pas souffrir de l’action des mouvements d’air.
Combien de temps marchais-je, dans une direction toute relative ? Difficile à évaluer. Des heures ? Des jours ? Le temps n’avait plus aucune prise sur moi et je ne ressentais plus la fatigue, ni le poids de mon armure. J’avançais, serein et déterminé vers mon destin.

Petit à petit, reflétant les reflets rougeoyants d’Anthrax et Peste, se dessina devant moi, à quelque distance, une porte. Pas un simple portail, pas une simple porte, non, un véritable arc de triomphe de métal orné de symboles inconnus et inimaginables pour le commun des mortels. Des scènes de banquets infernaux y étaient également gravées, réjouissances sanglantes de morts-vivants nécrophages et de cadavres cannibales.
Je m’arrêtai. J’étais encore bien à cinq-cents mètres. Et pourtant, tous ces détails étaient parfaitement observables du fait des dimensions titanesques de la porte.

Je restai là un bon moment, à contempler le portail en détail, me demandant ce qui pouvait bien  avoir été capable de réaliser un tel ouvrage. Puis je recommençai à m’approcher, lentement. Le vent avait cessé de souffler, le silence était total, seulement perturbé par les bruits métalliques que produisait mon armure à chacun de mes pas.
C’est en arrivant juste devant le formidable portail que je pus réellement me rendre compte de ses dimensions cyclopéennes. L’ouverture entre les deux piliers était haute comme le donjon du château de Vallenfarh et large comme la cour dudit château. Chacun des deux piliers me cachait l’une des deux lunes de mon monde et tandis que je me trouvais dans l’ombre de l’arche, un frisson glacial me parcourut l’échine en pensant au genre de créature en l’honneur de laquelle un tel édifice avait dû être érigé.

Puis je fis un pas, deux, trois, et m’avançai à travers la porte. Au-delà, je voyais les contreforts des montagnes. Je pataugeais toujours dans la brume, toujours aussi épaisse au-dessus de la couche de poussière qui recouvrait le sol.  Puis plus rien. Ou plutôt, l’obscurité. Une obscurité inhabituelle, dénuée du rougeoiement d’Anthrax et Peste.
Je ne bougeai pas, tendu, scrutant l’obscurité devant moi, attentif à tout éventuel bruit.

Je restai comme ça, prêt à bondir au moindre bruit, pendant au moins cinq minutes, n’osant bouger de peur de provoquer un cataclysme. Mais je ne pouvais pas passer l’éternité dans ces conditions. Je pris donc sur moi et, surmontant mon appréhension, fouillai dans ma besace à la recherche de mon bocal lumineux. Relié à une chaînette, celui-ci se mit à pendouiller à ma ceinture, une fois lâché, dispensant une faible lumière orangée.

Je regardai autour de moi. Devant moi, un couloir, sur les côté et derrière, des murs. Un cul de sac, en somme. Je me trouvais dans un souterrain, à en juger par l’humidité suintant le long des murs et à la mousse verdâtre recouvrant une partie des pierres de la muraille. Le plafond s’élevait à deux mètres cinquante. Pas plus.

Je secouai la tête, provoquant un grincement métallique comme mon bassinet frotta contre mon gorgerin. Le portail avait donc une dimension dissimulatrice. Ou même de téléportation. Je frappe de la main contre le mur qui se trouvait derrière moi. Il rend un son plein. Je me résous donc à me mettre en route dans la seule direction possible : droit devant moi, dans le sombre couloir.

J’avançai donc, dans le faible halo lumineux dispensé par mon bocal phosphorescent, me méfiant de chaque dalle comme étant susceptible de dissimuler un sombre mécanisme, piège mortel qui me ferait passer de vie à trépas en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire ou au contraire dans une longue agonie. Néanmoins, aucune de ces dalles ne semblait receler de piège et je continuai mon avancée prudente, au fil des couloirs, passant devant des corridors annexes s’enfonçant dans les ténèbres et se ramifiant de plus en plus. Le paysage était invariablement le même. Des murailles moussues, des murailles moussues, encore et toujours des murailles moussues.
Aucune trace de passage humain, aucune trace de vie autre que cette mousse verdâtre qui profitait de l’humidité des murs pour coloniser l’espace. Et cette odeur de moisissure conjuguée à l’odeur métallique à laquelle j’étais maintenant habitué depuis des années de mon casque d’acier.

Je finis par douter. Allais-je dans la bonne direction ? N’aurais-je pas dû prendre à droite à la dernière ramification plutôt que continuer droit devant moi ? Le désespoir m’envahit peu à peu. Allais-je finir par revoir la lumière rougeâtre que j’avais appris à connaître ?
Je me sentais de plus en plus faible. Mes pas se faisaient plus traînant. J’avais l’impression d’étouffer. Je retirai mon heaume et tombai à genoux, au milieu du couloir, portant mes mains à ma gorge.

Lorsque j’émergeai de l’inconscience, je ne compris pas tout de suite où j’étais. J’avais vaguement conscience d’un clapotis. J’ouvris les yeux petit à petit. Je voyais flou. Une longue dague était plantée dans un feu à quelques pas de moi. Je me redressai péniblement et regardai autour de moi. Tout tanguait un peu mais je parvins à stabiliser l’image avec un peu de concentration. Je me trouvais sur une île, au milieu de ce qui m’apparut comme étant un grand lac souterrain. L’eau était noire. Si noire qu’on aurait dit de l’encre.

Je fis quelques pas, me rapprochant du feu. Je relevai la visière de mon casque qui avait mystérieusement regagné ma tête. Là je m’arrêtai, stupéfié de voir ce qui servait à la combustion de ce feu d’origine magique : des ossements. Impossible de certifier qu’il s’agissait là d’ossements humains, mais impossible de spécifier que ce n’en étaient pas.

Un peu plus loin, mais pas suffisamment éloigné pour se trouver au-delà du cercle lumineux dispensé par le feu, se tenait un pupitre. Sur ce pupitre, un grimoire, pas très épais, comme un carnet. Je m’approchai dudit palimpseste et contemplait sa reliure de cuir noire veinée de rouge. Il y avait un je ne sais quoi dans ce livre qui me dérangeait sans que j’arrive à mettre le doigt dessus.

J’avançai prudemment la main, comme si l’ouvrage allait me mordre, et ouvris le codex. Je parcourus des yeux les dessins à l’encre maronnasse qui illustraient le texte, représentant des choses terrifiantes, créatures sans nom, scènes de tortures ignobles et abominations inimaginables. Je voulais détourner mon regard de ces pages impies mais une force surhumaine me forçait à contempler cette œuvre de démence et de barbarie, je lus chaque mot de cette écriture manuscrite indéchiffrable et contemplai chacun des dessins, révulsé, au bord de l’évanouissement, saisi de vertiges. Mon armure me semblait si lourde, si accablante et j’avais froid, tellement froid… Je commençai à ressentir ce froid intense jusque dans mon crâne. Je me mis à hurler comme une sourde et glaciale douleur irradiait à travers mon cerveau, me vrillant les tympans, me brouillant la vue.

Je tombai à genoux, incapable de faire autre chose que d’étreindre mon heaume, souhaitant que ce supplice abominable prenne fin, souhaitant la mort, tout en voyant défiler devant mes yeux les croquis abjects du livre et entendant chuchotées à mes oreilles les lignes que j’avais lues.

Une nouvelle fois, je gisais par terre, face contre sol. Je sentais l’odeur de la poussière à travers le ventail de mon armet. Péniblement, je parvins à me relever.  Ma tête me faisait mal et mes oreilles bourdonnaient. Instinctivement, je portai la main à mon épée. Devant moi se dressait une statue colossale, pas aussi grande que le portail magique mais pas loin.
Je me trouvai à nouveau en train de patauger dans une brume épaisse qui m’arrivait à la ceinture et nimbait toute chose autour de moi.

Sans me poser de question, je m’avançai en direction de la gigantesque statue. A sa base se tenait un trône, et sur ce trône un squelette couronné et en armure. Tout en continuant d’avancer, lentement, je remarquai que l’armure dudit squelette était incomplète. Outre l’absence de casque, il lui manquait une jambière et un canon de bras.
Je m’arrêtai au pied de la statue, devant le trône. Le squelette n’était pas aussi squelettique que ça : des lambeaux de chair décomposée lui pendaient encore un peu partout et quelques rares cheveux noirs coulaient le long de sa colonne vertébrale.

Il tourna la tête vers moi dans un grincement et claqua de la mâchoire en me regardant de ses orbites vides. Mon cœur s’emplit de peine. Devenir un non mourant. Quelle horreur… Je posai ma main gantée de fer sur la pommette saillante du cadavre qui me regardait avec tristesse… Et lui arrachai la tête.

J’ouvris les yeux. Les deux lunes Anthrax et Peste brillaient de leur lueur de sang et semblaient plus grosses que jamais, embrasant l’horizon et les volutes de brumes qui s’étiraient à mes pieds. Devant moi, le portail cyclopéen.
Je fis quelques pas et m’arrêtai. Je ne comprenais rien à tout ceci. Ma tête était lourde et les souvenirs de ces dernières heures se bousculaient dans mon cerveau.

Je regardai les lunes, là-haut, dans le ciel nocturne et parsemé d’étoiles. Elles semblaient m’appeler. Anthrax, Peste, j’arrive.
Mes pensées s’emmêlaient, je perdais la tête. Les images démoniaques du livre et les psaumes impies faisaient leur office. Je le sentais, j’étais maudit.

Tournant le dos au portail titanesque, je repris ma route vers l’horizon, retraversant le pont suspendu au-dessus de l’abîme hurlant, coupant à travers la forêt, traînant le pas, accablé d’un si lourd fardeau.

Enfin, après des jours de marche ininterrompue, ne ressentant plus ni faim, ni fatigue, ni besoins corporels bassement terrestres, je parvins en vue d’un village apparemment encore occupé.
A mon arrivée, les chevaux à l’attache prirent peur et tentèrent de briser leurs longes. Les corbeaux se mirent à coasser de façon menaçante et s’envolèrent des champs de blé fraîchement fauchés. J’avançais d’un pas lent et lourd, tel un golem. Les gens se signaient à mon passage ou même se cachaient. Les enfants partaient en pleurant dans les jupes de leurs mères.
Mais je continuais ma route, imperturbable, le cerveau complètement embrumé. Devant mes yeux tournaient sans cesse ces quelques mots que j’avais lus dans le manuscrit de l’île. Ces quelques mots lourds de sens pour moi-même et pour les autres.  Ces quelques mots qui avaient fait de moi ce que j’étais devenu.

Je poussai lourdement et avec brutalité la porte de l’auberge, si on peut qualifier ce bouge infâme de tel et pénétrai dans la bicoque sous les regards effarés de l’assistance. Je m’assis au bar et tapai du poing sur le comptoir. Sans dire un mot, je désignai une bouteille de gnôle au tenancier et relevai le vantail de mon bassinet, mais pas entièrement, juste de quoi laisser passer le goulot de la bouteille pour le porter à mes lèvres asséchées. Je n’avais pas soif, je n’avais pas besoin de m’enivrer. Mais j’avais besoin d’emmagasiner de l’alcool pour…

Je souris et reposais la bouteille vide sur le comptoir après l’avoir vidée d’une traite sous le regard toujours aussi hébété de l’assistance. Puis je me tournai vers la salle et soufflai. Une volute de flammes s’échappa de mes lèvres, passa par les fentes du vantail de mon armet et atteignit une personne devant moi. Hurlements. Je tirai Radieuse qui ne brillait plus de sa lueur magique mais semblait toute corrodée et autour de laquelle gravitait une sorte d’énergie sombre.
Les paysans attablés n’eurent pas même le temps de se défendre. Je les réduisis en charpie avant qu’ils n’aient pu faire le moindre geste.

Je sortis de la taverne tandis qu’un incendie la consumait, dû au type que j’avais embrasé, et, tandis qu’elle commençait peu à peu à s’écrouler, sa charpente et ses murs de bois rapidement rongés par les flammes, je m’approchai de la place. Un gibet y était dressé. Un cadavre y pendait. Un groupe d’individus armés de fourches et de faux y était rassemblé. Ils semblaient attendre mon arrivée de pied ferme. Je m’arrêtai, la pointe de l’épée au ras du sol. Et fis un signe de la main gauche. Une nuée de corbeaux s’éleva du champ proche et déferla sur les hommes, les meurtrissant de leurs serres et de leurs becs acérés. Alors, attrapant mon pavois que je portais depuis tout ce temps accroché dans mon dos, je me ruai à l’assaut des manants, Ténébreuse, la nouvelle Radieuse, lacérant les chairs, tailladant les membres et meurtrissant les cuirs.

Un des villageois, plus coriace que les autres et sommairement équipé d’une armure de plate rouillée opposa quelque résistance. Néanmoins, une projection de vitriol eut raison de sa hargne et lui attaqua le visage tandis que j’enfonçai ma lame magique dans son gorgerin ramolli.

Le village était en flammes. Les hommes morts sur la place, les femmes massacrées chez elles, les enfants exterminés dans leurs cachettes. Je m’éloignai du village, à pas lents. Mon égide avait regagné sa place dans mon dos et Ténébreuse mon côté. Je fis quelques centaines de pas et me laissai tomber à genoux, prenant conscience de ce que je venais de faire.

Lentement, je retirai mon heaume et le posai à mes côtés. J’ôtai mon gant et tâtai mon visage. Je n’avais plus figure humaine. J’étais devenu un monstre. Ce livre démoniaque avait eu raison de mon humanité. Je croyais être destiné à de grandes choses mais voilà ce que j’étais devenu : une créature sans foi ni loi, obnubilée par les versets maudits et les gravures impies d’un codex des temps immémoriaux.
Toutefois, une brève lueur d’espoir s’alluma au plus profond de moi. J’avais été capable de charité pour cet être mort-vivant. Pourquoi ne serais-je plus humain au fin fond de moi-même, sous la malédiction ?

Une intense douleur à la gorge me surprit et, tandis que j’écarquillai les yeux, sentant le goût du sang dans ma bouche et portai les mains à mon cou, j’entendis une petite voix hurler.

-Maledictus ! Maledictus ! Maledictus !

Un garçonnet, réchappant au massacre, venait de m’égorger avec une faucille.

J’ouvris les yeux. Je ne sentais plus de douleur intense dans la gorge. J’étais allongé sur le dos. Le ciel était bleu, ça m’éblouissait. Je me forçai à garder les yeux ouverts malgré cette luminosité que je ne reconnaissais pas vraiment. J’étais gamin quand le ciel avait tourné à la nuit éternelle.
Puis je me redressai. Les arbres étaient verts, apaisés. Le vent chantait dans les hautes herbes. Autant de choses différentes de mon monde où les arbres avaient développé des formes torturées et ou les herbes étaient cassantes, où le vent sifflait et hurlait dans le noir.
Mais où étais-je ? Le paradis ? Non, pour un maudit comme moi, avec tout ce sang innocent sur les mains, jamais le paradis ne serait ouvert.
La mort m’avait transporté dans un nouveau monde, à travers l’espace et le temps. Peut-être y pourrai-je faire œuvre de rédemption ? Ou au contraire user de mes pouvoirs tout nouveaux pour ériger un empire ? Après tout, l’éternité s’offre à moi, pourquoi ne pas devenir dieu, conquérir le monde sur une montagne d’ossements brûlés et rongés par l’acide, autour de laquelle tourneraient les charognards ?

Je secouais la tête et me levais. En route.


KLINT BJORNSON
votre age : Toujours le même♦️ votre fréquence de venue : toujours la même ♦️ comment nous avez vous connu : DC♦️ votre niveau de RP : toujours le même ♦️




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MessageSujet: Re: La prochaine fois je l'imprimerai   Jeu 3 Jan - 11:42

FICHE TECHNIQUE
de Publius "Maledictus" Locustus


armes  & objets
 


Egide : Un bouclier tout ce qu’il y a de plus commun, fait d’acier et décoré aux armoiries du comte de Vallenfarh.

Dague : Une longue dague effilée prête à se planter n’importe où, aussi bien dans une pomme que dans une nuque.

Ténébreuse : Une épée magique à la lame corrodée mais tout de même très tranchante autour de laquelle gravite une sorte d’antimatière à l’effet esthétique très prometteur mais sans réelle implication autre que la capacité de tuer des êtres immatériels tels que les spectres.

Fiole phosphorescente : Une fiole qui brille d'une couleur orangée. Elle n'éclaire pas aussi bien qu'une bonne vieille torche mais c'est déjà mieux que se retrouver dans l'obscurité la plus complète.


capacités
 


Malédiction impie :

Je n’ai pas de besoins purement corporels comme me nourrir ou boire et je suis immortel, voué aux tourments de ma malédiction pour l'éternité.
Je ne suis pas non plus tenu de dormir, ce qui fait de moi un veilleur exceptionnel. Enfin, toujours du fait de ma malédiction, je suis extrêmement résistant aux poisons. C’est aussi elle qui m’a conféré mes dons magiques et qui a modifié mon visage. Visage que nul mortel n’est apte à observer. C’est mon secret et je tiens à ce que personne ne le perce.


pouvoirs & techniques
 
 
 


CRACHEUR DE FEU  - Etat debloquée / non debloquée  - Restrictions
    Vous avez sans doute déjà vu de ces bateleurs qui « crachent du feu » et impressionnent les foules de par les flammèches qu’ils soufflent… Et bien je peux faire la même chose et naturellement. Un souffle ardent émane alors de ma bouche, franchissant les fentes du vantail de mon casque et s’étirant sur une courte portée. Un mètre d’abord puis un de plus pour chaque tranche de 10 points de pouvoir, pour un maximum de cinq mètres.


NUEE FUNEBRE  - Etat debloquée / non debloquée  - Restrictions
    Le ciel semble se couvrir, un orage serait-il proche ? Non, c’est une nuée de corbeaux venus d’on ne sait où qui déferle droit sur l’ennemi, l’attaquant de sa multitude de becs effilés et de serres acérées. Plus généralement, ce pouvoir me permet le contrôle des corbeaux et la communication avec eux. D’abord au nombre de deux maximum, les corbeaux se multiplieront petit à petit, augmentant la population de un tous les cinq points de pouvoir pour atteindre le nombre phénoménal de vingt corbeaux au maximum.


VITRIOL  - Etat debloquée / non debloquée  - Restrictions
    Un jet d’acide s’échappe de ma main ouverte, tel un serpent venimeux et meurtrier. Il attaque tout ce sur quoi il est projeté, à des vitesses variables. La vitesse de dégradation augmente avec le nombre de points de magie. Ce n'est malheureusement efficace que si mon pouvoir est supérieur à celui de l'adversaire combiné à sa défense.


NUAGE TOXIQUE  - Etat debloquée / non debloquée  - Restrictions
    Je frappe du pied au sol, deux fois. De sombres volutes s’en élèvent alors pour entourer mon opposant et l’asphyxier, l’empoisonnant petit à petit, se propageant dans son sang et attaquant son système nerveux. Ne fonctionne que si mon pouvoir est supérieur à l’endurance de mon adversaire.


METAL HURLANT  - Etat debloquée / non debloquée  - Restrictions: 20 points de pouvoir
    Je hurle un mot, un seul, dans un langage oublié. Un mot tiré du fin fond de mon inconscient. Et alors, une myriade d'éclats métalliques se mettent à voltiger à grande vitesse autour de moi, blessant les ennemis trop proches, impactant les armures, lacérant les chairs nues. D'abord sur un diamètre de trente centimètres autour de moi, ce pouvoir grandit en même temps que mon pouvoir, gagnant cinq centièmètres tous les cinq points pour un maximum de un mètre.


_________________

Attaque : 65   Défense : 50    Pouvoir : 85    Agilité : 65    Endurance : 80 
Spoiler:
 
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Un pirate fantôme
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MessageSujet: Re: La prochaine fois je l'imprimerai   Jeu 3 Jan - 12:18

Merci Avaräs, c'est super sympa! (Et efficace, quelle rapidité ma parole! Surprised)

Je suis pas très réseaux sociaux mais je vais peut-être me laisser tenter par le discord x)

J'aurais bien voulu être là lors du réveil du Léviathan, ça a dû être sympa comme tout!
Mais à propos, les fils de l'orichalque/ex-Domas ont-ils conservé leurs pouvoirs, la rage berserk, la capture d'âmes et tout le tremblement, conférés par le métal vert?

Encore merci en tout cas, ça m'avais foutu le bourdon de voir que je ne retrouvais plus cette fiche de personnage ! ><
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Sun Wukong
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MessageSujet: Re: La prochaine fois je l'imprimerai   Jeu 3 Jan - 12:30

(Avaräs toujours avec un DC tout neuf /pan)

Ah ben du coup les domas se sont retrouvés inconscient lorsque le Léviathan s'est réveillé pendant que le reste d'Edengardh combattait la grosse bébête !

Et du coup non, plus de pierre d'orichalque, plus de pouvoirs, plus de capture d'âmes, ils sont libérés de leur "serment" envers la pierre mais ils en ont perdu les pouvoirs. Les quelques Domas restant ont rejoint d'autres groupes ou sont neutres.
D'ailleurs tu as peut-être vu que pas mal de nouveaus groupes avaient été créés ! Tu ne devrais pas t'ennuyer si tu reviens ;)

Par contre à confirmer avec Askja mais il me semble que Klint est mort dans l'histoire Aiba Vu que c'était son pv qu'il n'était plus joué et que les choses ont pas mal bougées.

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La prochaine fois je l'imprimerai

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